Les entreprises de plus en plus attirées par l’iPhone
Initialement l’eldorado des éditeurs, des développeurs indépendants et même des étudiants, l’App Store propose aujourd’hui de nombreuses applications de grands comptes. Pour quelle(s) raison(s) ? Un an et demi après le lancement de l’App Store, essayons de répondre à cette question en cinq points.
Idée n°1 : Pourquoi l’iPhone n’est pas qu’un énième gadget
L’iPhone a avant tout représenté une curiosité technologique : malgré une sortie officielle en juin 2007, il a alimenté toutes sortes de mystères sur Internet dès la fin de l’année 2005.
L’iPhone n’est pas le premier appareil ayant permis une connexion Internet Edge puis 3G. Mais il est l’initiateur de l’ère des forfaits de données illimités : ces forfaits ont ouvert la voie à de nouvelles applications réellement connectées.
L’iPhone n’est pas non plus le premier appareil ayant proposé un appareil photo/caméra, une puce WiFi, une puce GPS, un accéléromètre et une boussole. Mais l’iPhone est un bijou technologique car son système d’exploitation, iPhone OS, a défini de nouveaux standards en matière de design et d’ergonomie des applications qui exploitent tous ces composants électroniques. Le Multi-Touch en est l’un des éléments essentiels.
C’est ce qui a fait qu’aujourd’hui, après seulement quelques mois, plusieurs millions de personnes utilisent un iPhone au quotidien.
Idée n°2 : Pourquoi l’iPhone n’intéresse pas que le grand public
Au-delà des intérêts techniques que nous venons de mettre en avant, il suffit de jeter un œil aux statistiques pour se rendre compte de l’impact de l’iPhone : plus de 50 millions d’iPhone, iPhone 3G, iPhone 3GS et iPod Touch ont été vendus dans le monde. Rappelons au passage que l’iPod Touch est également équipé de l’iPhone OS.
Les statistiques de l’App Store, seulement lancé en juin 2008, parlent également d’elles-mêmes :
- 77 pays
- 90 000 applications
- 120 000 développeurs
- Plus de 2 000 000 000 téléchargements dont le dernier quart en moins de 3 mois.
Ces chiffres sont uniques, les plateformes Android et Blackberry par exemple ne connaissent pas (encore ?) une telle croissance. Et ces chiffres ne font que croître. Fait significatif, l’App Store supporte parfaitement cette croissance. Cette impressionnante scalabilité de l’App Store en fait une plateforme internationale redoutable.
Un autre chiffre est significatif : 75% des applications présentes sur l’App Store sont payantes. Ce n’est pas le cas sur les plateformes Android et Blackberry, respectivement autour de 25% et 55%.
De là, il n’y a qu’un pas pour qu’une entreprise souhaite distribuer des applications sur l’App Store, pour des raisons marketing et business. Et quand on sait qu’il suffit d’un seul clic sur l’iPhone pour télécharger une application ou un contenu/service additionnel, gratuit ou payant…
Idée n°3 : Comment les entreprises ont fait leur entrée sur l’App Store
La première année d’existence de l’App Store a vu fleurir des applications de deux types :
- Applications de tous genres réalisées par des entreprises ou des particuliers, qui représentent pour la plupart des adaptations Mobiles d’applications Desktop ou Internet classiques : gestionnaires de tâches, viewers de fichiers, lecteurs de flux RSS, jeux, etc.
- Applications vitrines : souvent très (trop ?) simples, il s’agit d’applications réalisées par des entreprises qui ont simplement souhaité être visibles sur l’App Store. A la manière des sites Web à l’époque de la bulle Internet, où une entreprise se devait d’être présente sur le Web afin d’être visible et « dans le coup ».
L’effet vitrine est très important : lors de nos projets, nos clients nous expliquent souvent qu’ils souhaitent être présents sur la plateforme iPhone mais que pour des raisons de coût, ils préfèrent réaliser une application Web customisée pour iPhone pour ensuite voir s’ils passeront à une application native (en cas de succès de cette première étape). La différence de coût est effectivement souvent justifiée car la réalisation d’une application Web nécessite des compétences techniques souvent déjà maîtrisées dans les équipes : il s’agit des compétences Web classiques, HTML, JavaScript et CSS. Alors qu’une application native nécessite des environnements Apple, une connaissance de Cocoa et d’Objective-C, une licence, etc.
Cependant cette séquence « application Web puis éventuellement application native » n’est pas à considérer de manière logique systématiquement : les applications natives sont plus rapides, plus simples et plus réactives que les applications Web, dont l’IHM et les comportements sont bien souvent une pâle imitation de ceux des applications natives. En outre, les applications natives peuvent bénéficier de toutes les caractéristiques de l’appareil, ce qui n’est pas le cas des applications Web. Or toutes ces différences concernent justement l’essentiel des raisons qui font le succès de l’iPhone : le design et l’ergonomie. Les utilisateurs sont donc très exigeants sur ces domaines. Le choix entre développement d’une application native et d’une application Web doit donc être considéré sous cet angle et pas uniquement sous l’angle du coût.
Et le temps accentue cette tendance. Depuis quelques mois, l’App Store voit fleurir des applications qui exploitent pleinement les capacités de l’appareil : connectivité, géolocalisation, réalité augmentée… L’iPhone n’est plus une simple prolongation de nos ordinateurs de bureau, mais une vraie plateforme à part entière avec ses propres innovations.
Idée n°4 : Pourquoi les entreprises ne sont pas obligées de passer par l’App Store pour distribuer des applications
Il s’agit là d’un point essentiel, sur lequel nous sommes souvent questionnés :
- L’App Store est publique : est-il possible de distribuer des applications dans un cadre plus restreint ?
- L’App Store est soumis à des règles strictes et des contraintes : la principale en est la procédure de review par Apple des applications soumises, qui repose sur des critères ergonomiques, fonctionnels et techniques établis mais pas toujours maîtrisables par le non initié, et qui impose des délais légèrement croissants (il faut compter entre une et deux semaines d’attente pour la validation d’une nouvelle version d’une application).
En fait, pour développer des applications sur iPhone, il y a deux étapes.
La première consiste à s’enregistrer auprès d’Apple comme Registered iPhone Developer. Cela vous permet de :
- Accéder à l’iPhone Developer Center, point d’accès central à toutes les ressources nécessaires : SDK, documentation et ressources
- Développer des applications
- Les tester sur le simulateur fourni : attention, pas même sur votre propre iPhone !
C’est tout mais c’est gratuit ! En particulier : à l’issue de cette étape, vous ne pouvez pas distribuer d’application.
La seconde étape consiste à devenir iPhone Development Program Member. Cela vous permet de développer, tester et distribuer des applications, via un portail dédié et intégré dans l’iPhone Developer Center. En fonction du type de licence que vous choisissez, trois modes de distribution s’offrent alors à vous :
- Distribution App Store : déploiement sur une plateforme internationale et publique d’applications gratuites ou payantes
- Distribution Ad-hoc : déploiement sur une flotte constituée de 100 appareils au maximum, référencés
- Distribution In-house : déploiement sur une flotte constituée de 500 appareils au minimum, au sein d’une entreprise.
Et voici les types de licences :
- Licence Standard : 99$ / an
- Distribution : App Store ou ad-hoc
- Peut concerner un individuel (1 développeur) ou une société (une équipe de développeurs)
- Licence Enterprise : 299$ / an
- Distribution : in-house ou ad-hoc
Plusieurs modes de distribution s’offrent donc à vous. Attention à bien choisir la licence adéquate !
Idée n°5 : Attention, réaliser une application iPhone, ce n’est pas « que » faire du développement logiciel
Les développeurs familiers avec les langages comme C++, C# ou Java arriveront à se familiariser avec l’Objective-C. Mais le développement d’une application iPhone requiert d’autres attentions. L’aspect technique est important, mais les deux aspects suivants le sont tout autant, voire plus :
- le marketing : afin de rendre visible l’application
- l’ergonomie : il y a des règles strictes à respecter afin de passer la phase de validation d’Apple puis de satisfaire les utilisateurs, devenus exigeants en la matière. Il ne s’agit plus seulement de créer une application utilisable, mais de créer une application qui propose une réelle expérience utilisateur. La maxime d’Apple « The ‘same old’ is not an option anymore » est de plus en plus d’actualité.
En effet, nombre d’applications aux traits fonctionnels et techniques irréprochables n’ont pas connu le succès escompté tout simplement car les aspects ergonomie et marketing ont été sous-estimés. Notez que j’entends par « succès » le fait de rendre riche les développeurs de rendre heureux les utilisateurs.
Cette idée pourrait faire l’objet d’un article à part entière, nous n’irons donc pas plus loin (pour l’instant). En attendant, où en êtes-vous de votre côté ?

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